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Voyage

Les Pouilles en une semaine, de Bari à Lecce

Que faire dans les Pouilles en une semaine : Bari, Polignano a Mare, trulli d'Alberobello, vallée d'Itria, Ostuni, Lecce et Salento, saison et trajets.

Par La rédaction Casa Bonciani 8 min de lecture
Les Pouilles en une semaine, de Bari à Lecce

Que faire dans les Pouilles en une semaine tient en un trajet du nord au sud : Bari et sa vieille ville, Polignano a Mare sur sa falaise, les trulli d’Alberobello, la vallée d’Itria, Ostuni, puis Lecce et le Salento. Comptez trois bases, une voiture pour l’intérieur et, de préférence, mai, juin ou septembre.

Que faire dans les Pouilles en sept jours : la trame

La région aligne plus de 830 kilomètres de côtes, du Gargano au cap de Leuca, et aucune semaine ne la couvre entière. Pour un premier voyage, laissez le nord de côté et descendez la façade adriatique jusqu’au talon de la botte. Arrivez à Bari, repartez de Brindisi : le retour en arrière disparaît.

Le découpage suivant tient sans course :

  • Jour 1 : Bari, sa vieille ville et la basilique Saint-Nicolas.
  • Jour 2 : Polignano a Mare, Monopoli, les grottes de Castellana en option.
  • Jour 3 : Alberobello et ses deux quartiers de trulli.
  • Jour 4 : Locorotondo, Cisternino et Martina Franca.
  • Jour 5 : Ostuni le matin, puis la route de Lecce.
  • Jour 6 : Lecce à pied, de la place Sant’Oronzo à Santa Croce.
  • Jour 7 : Otrante, Leuca ou Gallipoli, selon la mer qui vous attire.

Jour 1 : Bari, bien plus qu’une ville de passage

Certains carnets de route conseillent de traverser Bari sans s’arrêter. C’est une erreur. La capitale régionale garde avec Bari Vecchia un centre ancien dense et habité, où le linge sèche au-dessus des ruelles.

Le point fort reste la basilique Saint-Nicolas. Rapportées de Myre, en Asie Mineure, les reliques du saint sont débarquées à Bari le 9 mai 1087. Le chantier ne s’achève qu’avec la consécration de 1197 : l’édifice est devenu une référence de l’art roman apulien, et sa crypte accueille encore des pèlerins catholiques et orthodoxes.

Poursuivez par la cathédrale San Sabino et le château normanno-souabe. Au détour des ruelles, guettez les orecchiette qui sèchent sur des claies, ces « petites oreilles » de pâte façonnées une à une d’une pression du pouce. Finissez sur le lungomare, à l’heure où la pierre rosit.

Jour 2 : Polignano a Mare et la côte au sud de Bari

La gare de Polignano a Mare se trouve sur la ligne adriatique : inutile de louer une voiture pour cette étape. La vieille ville tient sur une falaise de tuf de vingt à vingt-cinq mètres, à pic sur l’eau, et ses ruelles sont si étroites que les balcons se touchent presque.

La vue la plus célèbre est celle de la crique de Lama Monachile, enjambée par un pont de l’ancienne voie Trajane. Descendez jusqu’aux galets tôt le matin, avant la foule. Sur la promenade qui porte son nom, la statue en bronze de Domenico Modugno, l’interprète de « Nel blu dipinto di blu », tourne le dos à la mer. Monopoli, un peu plus au sud, ferme la journée sur un vieux port plus calme.

Les grottes de Castellana, une sortie de repli

Par temps gris, ou avec des enfants, filez vers l’intérieur. Le spéléologue Franco Anelli descend dans ces grottes le 23 janvier 1938 par la Grave, seul orifice ouvert sur l’extérieur. Le réseau s’étend sur 3 348 mètres et la visite complète s’achève sur la grotte Blanche, aux parois d’albâtre.

Jours 3 et 4 : trulli d’Alberobello et villages de la vallée d’Itria

Toits coniques en lauses grises des trulli d’Alberobello au-dessus d’une ruelle blanchie à la chaux

Alberobello, deux quartiers à distinguer

Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les trulli d’Alberobello en 1996. Ces maisons de calcaire, montées en pierre sèche sans mortier, remontent au milieu du XVIe siècle pour les plus anciennes. Leur toit conique est fait de dalles posées en encorbellement, les chianche.

Les deux quartiers inscrits ont un caractère opposé. Le rione Monti, 1 030 trulli selon l’UNESCO, grimpe sa colline entre les boutiques de souvenirs. Le rione Aia Piccola, 590 trulli, reste résidentiel et silencieux : passez-y en début de matinée, puis rejoignez le Trullo Sovrano. Dormez une nuit dans un trullo restauré : le soir, une fois les cars repartis, les ruelles retrouvent leur calme.

Locorotondo, Cisternino, Martina Franca

La vallée d’Itria se parcourt en une journée, en boucle, par de petites routes bordées de murets de pierre sèche, entre vignes, oliveraies et fermes à trulli.

Locorotondo doit son nom au latin locus rotundus : son centre historique circulaire coiffe la colline, et ses maisons portent un toit en bâtière couvert de lauses, les cummerse. Le village figure parmi les plus beaux bourgs d’Italie. Cisternino, membre de la même association, cache des cours et des escaliers extérieurs dans un centre blanc à l’allure presque orientale. Martina Franca, perchée à 431 mètres, ferme la boucle avec son centre ceint de murailles et son palais ducal de 1668 ; chaque été depuis 1975, le festival de la vallée d’Itria y donne de l’opéra.

Jour 5 : Ostuni la blanche et la plaine des oliviers

Ostuni s’étage sur trois collines, à 218 mètres d’altitude et à 8 kilomètres de l’Adriatique. Son surnom de « ville blanche » vient de la chaux passée sur les façades jusqu’au toit : elle éclairait les ruelles et servait, au XVIIe siècle, à lutter contre la peste. Montez jusqu’à la cathédrale gothique, commencée en 1435, puis longez les remparts pour la vue sur la mer.

En contrebas, le paysage agraire de la plaine des oliviers a été reconnu en 2018 comme paysage rural historique à l’échelle nationale. À l’automne, les moulins y pressent la récolte, et les repères pour reconnaître une huile d’olive italienne de qualité aident à lire ce que vous goûtez sur place. Reprenez ensuite la route de Lecce en milieu d’après-midi.

Jour 6 : Lecce, une journée dans la pierre dorée

Surnommée la « Florence baroque », Lecce doit son visage à la pierre de Lecce, un calcaire tendre et très malléable qui prend une teinte dorée en vieillissant. Les sculpteurs en ont tiré des façades chargées de colonnes, de guirlandes et de figures.

La basilique Santa Croce en offre la démonstration. Son chantier s’ouvre en 1549 et s’étale sur près d’un siècle, avec plusieurs architectes successifs, dont Giuseppe Zimbalo ; la rosace est achevée en 1646.

Sur la place Sant’Oronzo, une colonne porte le saint patron de la ville, élevée par Zimbalo après la peste de 1656. Sur la même place, l’amphithéâtre romain, bâti entre le Ier et le IIe siècle, n’a été que partiellement dégagé au début du XXe siècle.

Détail d’une façade baroque sculptée dans la pierre dorée de Lecce

Jour 7 : finir sur la côte du Salento

Le dernier jour se choisit selon la lumière que vous cherchez sur la côte du Salento :

  • Otrante, à l’est. Sa cathédrale, consacrée en 1088, conserve sur son pavement une mosaïque du moine Pantaleone datée de 1166, et les restes de près de huit cents habitants massacrés après la prise de la ville par une flotte ottomane, en août 1480. Au sud, le phare de Palascìa marque le point le plus oriental de l’Italie.
  • Santa Maria di Leuca, au sud. Son promontoire passe pour la pointe du talon de la botte et pour le point de rencontre de l’Adriatique et de la mer Ionienne.
  • Gallipoli, à l’ouest. La vieille ville occupe une île calcaire reliée à la terre ferme par un pont, face à la mer Ionienne.

Voiture ou train : se déplacer de Bari à Lecce

Le train couvre l’axe côtier : la ligne adriatique dessert Polignano a Mare, Ostuni et Brindisi avant son terminus de Lecce. Pour l’intérieur, une ligne régionale relie Bari à Martina Franca par Putignano, Alberobello et Locorotondo, à voie unique sur la majeure partie du tracé.

Parcourir les Pouilles en voiture reste pourtant plus souple, car fermes isolées et criques du Salento demandent un véhicule. Deux précautions :

  • Les centres historiques italiens sont très souvent en zone à trafic limité, réservée aux riverains et aux véhicules autorisés ; la contravention arrive par courrier, plusieurs mois après le retour.
  • Garez-vous hors des remparts et finissez à pied.

La formule mixte fonctionne bien : deux jours en train depuis Bari, puis une voiture du troisième au septième jour, rendue à Brindisi.

Quand partir et avec qui

Le climat est méditerranéen : été chaud et sec sur la côte, hiver doux et pluvieux. Pour visiter les Pouilles en marchant beaucoup, mai, juin et septembre équilibrent mer baignable et journées supportables en ville. Juillet et août attirent la foule sur le littoral. D’octobre à avril, Lecce, Bari et Ostuni se visitent sans attente.

En famille, allégez le rythme : les grottes de Castellana, une nuit dans un trullo et une journée de plage laissent souvent aux enfants des souvenirs plus vifs qu’une troisième église baroque.

Où dormir pour rayonner

Changez deux fois de base, pas davantage :

  • Sur la côte nord, Bari pour la vie urbaine, ou Monopoli pour plus de calme.
  • Dans l’Itria, un trullo ou une masseria, ces anciennes fermes fortifiées souvent devenues maisons d’hôtes.
  • Dans le Salento, Lecce, d’où Otrante, Gallipoli et Leuca se rejoignent dans la journée.

Oliviers centenaires aux troncs noueux sur une terre rouge de la campagne des Pouilles

Prolonger le voyage : Matera, Castel del Monte et Naples

Avec deux ou trois jours supplémentaires, trois extensions s’imposent d’elles-mêmes :

  • Matera, en Basilicate voisine. Les Sassi et le parc des églises rupestres, inscrits en 1993 par l’UNESCO, rassemblent plus d’un millier d’habitations aménagées dans les grottes naturelles de la Murgia, un plateau calcaire.
  • Castel del Monte, près d’Andria. Achevé en 1240 pour Frédéric II de Hohenstaufen, ce château octogonal figure au patrimoine mondial depuis 1996. Andria est aussi le berceau de la burrata, protégée par une indication géographique depuis 2016.
  • Naples, pour passer d’une mer à l’autre : l’itinéraire de 3 jours à Naples s’enchaîne avec Pompéi et le golfe du Vésuve.

Sans avion, les trains de nuit et pass ferroviaires européens mènent jusqu’à la péninsule, d’où la ligne adriatique descend vers Bari.

Prochaine étape

Bloquez d’abord les vols, arrivée à Bari et départ de Brindisi. Réservez ensuite les nuits de Lecce et de l’Itria, puis la voiture à partir du troisième jour. Le reste se décide sur place, au fil de la lumière.

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